Parmi tous les projets visant à installer les réfugiés Acadiens en France, celui qui prévoyait la création d'un établissement sur les communes d'Archigny, La Puye et Monthoiron était original, et aurait pu très bien aboutir

Pendant 10 ans le Marquis de Pérusse des Cars se battra pour le mener à bien.

En 1773, l'abbé Terray demande la construction de 30 maisons, mais devant les difficultés pour trouver des ouvriers, des corvées et du matériel, Le Marquis de Pérusse Des Cars décide de ne construire que 15 maisons la première année.

Etant dans l'impossibilité de rassembler les pierres nécessaires à la construction, on songe un moment à construire les maisons en bois, mais il aurait fallu les remplacer au bout de quelques années.

Le Marquis de Pérusse Des Cars a alors l'idée de les faire construire comme celles qu'il avait vu en Normandie, en pisé (ou torchis ou bauge), mélange de terre argileuse et de brande (Erica scoparia) deux matériaux très communs dans la région et sur les terrains de la future colonie. On prépare les toitures pour recevoir de la tuile mais elles sont d'abord recouvertes avec de la brande.

Détail de la structure d'un mur

Dans la région il n'y avait aucun spécialiste de ce type de construction, on fait donc venir un "charpentier gâcheur" de la région de Cherbourg pour montrer aux maçons du pays la technique de construction.

Les murs d'une épaisseur de 50cm sont élevés sur une assise de gros silex.

Le Général Papuchon dans son étude sur "La colonie acadienne du Poitou" en 1908 donne les plans de 3 types de maisons: Plan N°1, Plan N°2, Plan N°3.

Le 5 juillet 1773 on commençe la première maison. Lemoyne demande que les maisons soient bien isolées les unes des autres afin d'éviter les incendies, de laisser de la place pour des extensions futures et pour faire un grand jardin.

Les maisons sont regroupées par village ne dépassant pas 8 constructions de façon à ce que les terres ne soient pas trop éloignées des habitations.

Les 15 premières maisons sont celles que l'on voit toujours bordant la route entre Archigny et La Puye.

Fin octobre 1773 les premiers Acadiens arrivent à Chatellerault, les maisons ne sont pas terminées et comment loger 362 familles dans 15 maisons.

En attendant les acadiens sont logés à Chatellerault et dans les communes voisines. Les premières familles emménageront début 1774.

Distribution des maisons en 1774.

Etat de distribution réglé et arrêté pour 45 habitations faisant parties d'un plus grand nombre qui ont été construites
par ordre du Roi dans les landes de Cenan en Poitou pour les familles Acadiennes.
1 Martin PORCHERON

2 Joseph BRAULT

3 Hilaire GAUTROT

4 Guillaume SEIGUE

5 Gabriel BAULU

6 Pierre FAULCON

7 GAUTROT

8 Charles NAQUIN

9 Ambroise GUILLOT

10 NAQUIN

11 GUILLOT

12 Gabriel BERBUDEAU

13 Marin DAIGLE

14 Pierre BOUDROT

15 M. DAIGLE

16 P. BOUDROT

17 François DAIGLE

18 G. BERBUDEAU

19 F. DAIGLE

20 François ARBOUR

21 MONDION

22 Nicolas ALBERT

23 Pierre HEBERT

24 Pierre MARTIN

25 R. GUILLOT

26 René GUILLOT

27 GUILLOT

28 Martial ARNAUD

29 René BAUDEAU

30 Joseph LAMESTRE

31 Joseph DOUCET

32 J. DOUCET

33 Jean POUGET

34 TOUZALIN

35 BASSET

36 Jacques BUNEL

38 Jérome LACROIX

39 Jean Baptiste BOUDROT (père)

40 Jean Baptiste BOUDROT (fils)

43 François SAUNIER

44 Augustin DOUCET

45 Pierre MELANCON

46 MELANCON

56 Dominique BRIONNE

58 BRIONNE

Etat de distribution des maisons en 1777

Liste alphabétique des acadiens ayant reçu une maison sur la colonie

En juillet 1775 toutes les fermes étaient construites; mais en octobre 1775 ce sont les premiers départs de Chatellerault pour Nantes. En mai 1776 il ne reste plus sur la colonie que 25 familles soit 157 personnes.

Plan de la ligne Acadienne (cliquer sur les points rouges pour accéder aux photos)

Des informations complémentaires se trouvent dans l'ouvrage de Guy Charles BUGEON: "Les fermes acadiennes du Poitou et leurs occupants de 1774 à 1793". On peut obtenir cet ouvrage chez " Les cousins acadiens du Poitou"

La Ferme-musée d'Archigny - La ferme-musée acadienne d'Archigny,(France)


François Roux 1999